Publié par : Philippe Nantermod | octobre 3, 2008

Courrier des lecteurs NF (02.10.2008)

Mme Marie-Thérèse Sangra (WWF Valais) prétend dans un courrier de lecteur que l’initiative sur le droit de recours est mauvaise car elle empêcherait des associations avisées de s’opposer à des Conseils communaux incompétents. Selon elle, la légitimité des associations à recourir est bien plus grande que celle de petites communes à décider. Je prétends le contraire.

Le courrier de Madame Sangra me fait bondir. Hormis les habituelles insultes contre nos autorités élues et sur la capacité du peuple à prendre des décisions, Madame la secrétaire du WWF Valais se permet de critiquer la légitimité des décisions prises par de petites communes. La raison ? Une décision prise par une poignée de personnes ne peut être raisonnable. Je me fais un plaisir de lui retourner ici l’argument.
Savez-vous ce que signifie WWF ? World Wild Foundation. Fondation, le mot est lâché. Pour les non juristes, il faut rappeler qu’une fondation n’est pas une assemblée de membres, mais un capital géré. Elle ne compte donc pas de membres.
Or, ces jours-ci, dans nos rues, on vous propose de devenir membre du WWF. Avant de signer, sachez que vous ne serez jamais membre du WWF, mais simple donateur. Une fondation ne connaît pas d’Assemblée générale, son comité n’est pas élu, n’a pas de comptes à rendre à ses donateurs, seulement à l’autorité de surveillance. Vous ne serez par conséquent jamais appelés à vous prononcer sur la politique du WWF, même en devenant « membre ».
La fondation prend ainsi ses décisions en petit comité, par exemple celle de contester un projet de grande importance. Nos voisins vaudois devront se prononcer le 30 novembre sur leur musée des beaux-arts suite à un référendum initié par la fondation Franz Weber. Est-il normal que le petit comité de cette même fondation puisse contester par recours la décision qui sera prise par des centaines de milliers de personnes ? C’est pourtant ce qui risque bien d’arriver.
La légitimité des associations à s’ériger en surveillant du territoire est en tout cas plus faible que celle des communes même petites. Ces associations n’ont aucun compte à rendre, ne sont pas soumises au principe de transparence ; elles ne remplissent aucune des exigences que l’on est en droit d’attendre d’une collectivité publique. Pourtant, elles accomplissent la mission de ces collectivités. C’est une bonne raison de voter Oui le 30 novembre et redonner aux organisations le rôle qu’elles méritent, soit le même que toutes les autres organisations privées.
Philippe Nantermod, coordinateur romand de la campagne

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